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Siège du Parlement européen - Interventions d’Anne Sander et Jérôme Lavrilleux

« Le siège du Parlement est à Strasbourg, il doit y rester » - Intervention d’Anne Sander

« Laissez-moi vous dire que ce débat est absurde.

Tout d’abord, pour des raisons juridiques. D’après les Traités, ce n’est ni la Commission, ni le Conseil, ni le Parlement européen qui décident des sièges des institutions. Ce sont les États. Or, aucun ne le demande. Et si vraiment on devait rouvrir les discussions, il faudrait rediscuter de la localisation de l’ensemble des institutions et tout remettre à plat ! Le siège de la Banque Centrale, de la Commission, du Conseil, de tout !

Ensuite, j’entends certains proposer que Strasbourg accueille l’Agence du Médicament ou l’Autorité Bancaire, ou même les deux. C’est une proposition de marchand de tapis et va contre la subsidiarité, alors que la France a déjà choisi une autre ville pour les accueillir.

Certains parlent de faire des économies ? Je vais vous en proposer. L’hémicycle à Bruxelles tombe en ruine. Le coût des travaux ? 500 millions d’euros sur 15 ans. Il serait scandaleux de dépenser autant d’argent alors que nous pouvons accueillir le Parlement ici à Strasbourg et que nous inaugurons aujourd’hui des nouveaux bureaux.

Enfin, le Siège de Strasbourg ne relève pas simplement des questions juridiques ou financières. En attaquant Strasbourg, la semaine même ou nous rendons hommage à Helmut Kohl et Simone Veil, vous attaquez un symbole. Un symbole de paix et de démocratie. En proposant cet échange vous oubliez le sens même du destin européen. Le Siège du Parlement est à Strasbourg, il doit rester à Strasbourg, et toute remise en cause se fera au dépend de l’âme de notre projet commun. »

« Un seul siège oui, mais à Strasbourg » - Intervention de Jérôme Lavrilleux

« Une minute pour vous dire ce que je pense de ce débat c’est à la fois trop court, car pour répondre à chacun des arguments contre Strasbourg il me faudrait des heures. L’Association européenne des jeunes entrepreneurs l’a parfaitement fait.

Mais c’est aussi bien trop long car, consacrer une minute à ce débat stérile sur un sujet sur lequel nous ne sommes pas décisionnaires, c’est déjà une minute de trop.

Aussi, à ceux dont l’idée qu’ils se font de leur mandat est celle d’un joueur de Monopoly « contre deux hôtels et un hémicycle, je te donne une agence des médicaments et une école », je leur dit qu’ils prennent garde, car à force d’oublier pourquoi nous siégeons ensemble, ici à Strasbourg et pas ailleurs, ils vont au-devant d’un réveil qui pourrait être brutal et dangereux.

Permettez-moi à cet égard de citer Wolfgang SCHÄUBLE, Ministre des finances allemand, qui a fait de la préservation des deniers publics une quasi religion, il a déclaré en 2013 : « Aucune autre ville n’explique de façon aussi émotionnelle le sens du lien européen. Nous devons sans cesse rappeler que l’Europe ne peut fonctionner que lorsque Strasbourg est forte. Nous devons sans cesse rappeler aux députés l’importance de Strasbourg. L’Europe ne peut fonctionner qu’avec plusieurs centres. »

Pour conclure, et revenir sur la vacuité d’un tel débat, permettez-moi de citer un autre grand Allemand, le Chancelier Willy Brandt, qui en 1979 déclarait : « C’est ici, dans cette ville de Strasbourg, que bat le cœur de l’Europe, c’est ici qu’apparait le résultat de la réconciliation franco-allemande puis de l’amitié franco-allemande afin de faire avancer l’Europe, et pas seulement nos deux peuples. »

Soyons dignes de ces paroles fortes. Un seul siège oui, mais à Strasbourg, nulle part ailleurs. »

 
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